Datant du milieu du 18ème le temple de Hirschland dresse majestueusement sa flèche vers le ciel. Reconstruit par l'architecte Stengel sur les fondations bases d'un ancien lieu de pélerinage détruit par un incendie, aux abords de la forêt il renferme un orgue construit en 1886 par Adrian Spamann.

 

Hirschland se niche au fond de la vallée de l'Isch, dans un paysage bocageux, verdoyant et fertile.

Petite anecdote : Tant de souvenirs restent présents dans ma mémoire. Il me faudra, plus tard en faire un livre.

Laissez moi vous conter une petite histoire de voisinage. A l'époque nous cultivions le grand jardin, derrière l'école. C'était un espace impressionnant. Notre voisin, dans le verger à côté, élevait des poules. Deux fois dans l'année, mes frères et moi étions de corvée de bêchage. A la fin de l'automne puis encore au printemps. Il faisait humide et, en retournant la terre, nous trouvions fréquemment de splendides specimens de lombrics gras et dodus. Les poules qui, malgré ce qu'on en pense, ont une vue affutée, se précipitaient vers le grillage mitoyen pour nous réclamer des proies aussi alléchantes. Nous leur donnions et elles se disputaient chaque ver. Le plus amusant était de les voir attendre lorsque un animal, accroché au grillage se contorsionnait pour tomber. Elles se donnaient des coups de bec, se sautaient sur le dos, bref, nous trouvions là un peu de distraction dans la monotonie du bêchage. Quelques jours plus tard ma mère nous dit : "Le voisin a du vous voir nourrir les poules. Il m'a donné une douzaine d'oeufs". Sympa! Nous n'avons compris le message qu'un peu plus tard, lorsque nous avons cuisiné une omelette avec ces oeufs là. Elle était quasiment immangeable tant elle avait un goût acre de terre. Nous avons encore bêché le jardin. Nous n'avons plus nourri les poules.

La corde diabolique de l'église

Il existe dans toute vie des étapes auxquelles on attache une importance éxagérée. Ecolier, une des étapes consistait à passer au cours moyen 2. A partir de ce niveau et jusqu'en classe de fin d'études, on avait le droit, l'honneur, d'aller au deuxième niveau du clocher de l'église pour sonner l'appel de la rentrée des classes. Il fallait pour ce faire agripper une corde, en fait une grosse lanière de cuir et, par des tractions successives, faire se balancer une des trois cloches situées un étage plus haut. Ce fut donc mon tour ! Non sans uns certaine fierté, j'allais récupérer la clé qui permettait d'ouvrir le temple. Lorsqu'il fallut monter les escaliers raides et couinants ma fierté se dissipa vite. C'est que là-haut, derrière les lucarnes de la lanterne nichaient des grands ducs, oiseaux maléfiques dont l'envol bruyant nous effrayait le soir à la pénombre. Les ainés prévenaient les plus jeunes de la technique à mettre en oeuvre pour mener la sonnerie de cloche à bien. Parmi les diverses consignes il en était une qui revenait sans cesse : SURTOUT NE PAS LACHER LA CORDE. Me voila donc, très peu rassuré en place, la lanière de cuir à la main. Une première traction, courte. Rien ne se passe. La corde cède un peu, remonte et redescend. Deuxième traction, plus ample, puis une autre et encore et encore et... enfin, le premier bing. Là cela devient du délire et je tire de plus en plus fort et soudain... je décolle du plancher, pour redescendre tout aussi vite et continuer à tirer. Le jeu devient de plus en plus angoissant à mesure que les tractions imposées par la corde m'entrainent de plus en plus haut. Il faut maintenant calmer la cloche, la retenir. Soudain, à l'étage au dessus, un bruit de pas. Sans doute les volatiles, dérangés par la sonnerie se promenaient ils un peu, mais allez expliquer ça à un garçon de neuf ans. Pris de panique je lachai tout et me mis à dévaler les marches de l'escalier quand la lanière vint me fouetter le visage. J'avais mal, mais ne le dis à personne. Il aurait fallu avouer ma frousse et ça, pour rien au monde. Mon père me rassura quant aux pas qui m'avaient tant effrayé. Je remontai sonner la cloche mais plus jamais je ne lachai la lanière.

Hirschland
A l'école

Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !
La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.
Ô temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.

Automne,

René Guy Cadou

La période Hirschland est liée à l'école de ce village.Mes parents y ont enseigné depuis l'après guerre jusqu'à la retraite. C'est donc là que s'est déroulé la plus grande partie de mon enfance.Nous habitions un immense espace de 6 chambres, réunion des deux logements de service destinés aux familles des maîtres d'école. Mes parents officiant tous les deux au village, les deux logements furent réunis puis, au moment de l'installation de l'eau courante, modernisés par la transformation d'une des chambres en salle d'eau avec une baignoire, un bidet et un W.C. Auparavant, les bains se prenaient dans un baquet, à la buanderie, en utilisant parcimonieusement de l'eau chauffée dans une grande lessiveuse. Maintenant ce logement transformé sert de mairie et de salle de réunion. La ferme voisine a été rasée et une école maternelle moderne l'a remplacée. On a néanmoins conservé la porte cochère de la grange, comme souvenir du passé agricole de l'édifice. Comme René Guy Cadou j'étais heureux d'y retourner après deux mois et demi de vacances passés du 14 juillet au premier octobre chez mes grands-parents aux travaux des champs, longs et pénibles.

Ce blason est sans aucun doute le fruit d'une erreur d'interprétation du nom de la commune. Son motif est un cerf aux bois majestueux évoluant d'un pas royal sur un lit d'herbe verdoyante.

Certes le ban communal a toujours regorgé de gibier, les forêts y sont étendues et la vocation agricole tournée vers l'élevage bovin n'est plus à prouver. Il reste que le dessinateur en associant le cerf (en alsacien Hirsch) au nom du village s'est fourvoyé. Il semblerait que l'origine de ce nom se trouve dans une culture agricole "de Hirze" ou "de Hirs", plante fourragère apparentée au mil qu'on plantait à Hirschland. N'attachons toutefois que peu d'importance à cela puisque, comme pour la plupart des armoiries des villages alsaciens, cet emblème ne repose sur aucun fondement historique.

Quelque peu intimidés, figés par le photographe, de l'arrière vers l'avant et de gauche à droite : Dierbach Alice , Brua Bernard, Bieber Kurt ; Bach Rodolphe, Egles Gilbert, Quirin Emile ; Monique Dorschner, Laurette Bauer, Elisabeth Scheidhauer ; Hauter Claude, Bieber Walter, Schmidt Raymond ; Brua Raymond, Christiane Scheurer, Christiane Tousch, Blaess Pierre, Claude et Bernard ; Schneider Edith Liliane et Denise, Staub Roland, Leininger Willy.

LE BLASON DU VILLAGE
L'église de HIRSCHLAND (1755)

Elle est une des premières à présenter en Alsace Bossue l'aspect typiquement protestant : simple salle rectangulaire accolée à l'ancien beffroi vestige d'un sanctuaire du 16è siècle. Mais ici, nous sommes en présence d'une particularité unique La nef est éclairée par une double rangée d'ouvertures : fenêtres de types carré en bas surmontées de baies cintrées éclairant les tribunes.

Photo de la classe unique de l'année 1904